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Japon

Combien de jours pour faire le tour d'Hokkaidō ?

Quatorze jours suffisent pour boucler Hokkaidō de Sapporo à Hakodate. Il en faut dix-huit pour y ajouter l'extrême nord et l'ascension du Rishiri-Fuji.

Kylian

Les bandes de fleurs des collines de Biei, à Hokkaidō

Quatorze jours suffisent pour boucler l’île du Nord de Sapporo à Hakodate, en passant par le canal d’Otaru, les collines de Biei, le Daisetsuzan, la péninsule de Shiretoko, les lacs de cratère de l’est et les enfers de Noboribetsu. Il en faut dix-huit pour y ajouter l’extrême nord : la côte Orōron, le cap Sōya et l’île de Rishiri.

En dessous de quatorze jours, il faut renoncer à une région entière. Hokkaidō fait la taille de l’Autriche et ne se parcourt qu’en voiture.

Ce que couvrent quatorze jours

C’est une boucle, pas un aller-retour : on part de Sapporo, on finit à Hakodate, et on ne refait jamais deux fois la même route. Environ 1 900 km de conduite, détours de visite compris, soit une moyenne de cent quarante kilomètres par jour.

Le parcours enchaîne quatre parcs nationaux et cinq stations thermales :

  • Sapporo trois nuits, le temps du parc Ōdōri, de l’Aka Renga, du parc Moerenuma dessiné par Isamu Noguchi et des bains de Jōzankei ;
  • Otaru et le bleu de la péninsule de Shakotan ;
  • Biei et Furano, la Route Patchwork, l’étang bleu de Shirogane et les bandes de lavande ;
  • Sōunkyō et l’Asahidake, deux nuits, avec le téléphérique du Kurodake, les étangs Sugatami et la cascade Hagoromo ;
  • le col de Bihoro, Abashiri et Shiretoko, trois nuits sur la mer d’Okhotsk, dont la croisière au pied des falaises ;
  • les lacs Mashū, Kussharo et Akan, l’Ainu Kotan et le spectacle Lost Kamuy ;
  • Noboribetsu, la vallée des enfers et l’étang Ōyunuma ;
  • le lac Tōya et Hakodate, le Shōwa-shinzan et la forteresse en étoile de Goryōkaku.

Deux journées de volant dominent le reste : la traversée d’ouest en est vers Abashiri, environ trois heures, et la descente du lac Akan vers Noboribetsu, quatre heures trente. Le reste se fait par étapes d’une à deux heures.

Sur treize nuits, ce découpage ne demande que neuf établissements, parce qu’on reste trois nuits à Sapporo et deux à Sōunkyō comme à Utoro. C’est ce qui rend le rythme tenable : neuf changements de valise au lieu de treize.

Ce que dix-huit jours ajoutent

Les quatre jours supplémentaires ne se dispersent pas un peu partout, ils servent une seule chose : monter au bout du Japon.

On quitte Otaru par la côte Orōron, une route littorale rectiligne le long de la mer du Japon, par Rumoi, le cap Ōgon et Shosanbetsu. On dort à Wakkanai après le cap Sōya, le point le plus septentrional du pays. Le lendemain, ferry pour Rishiri, une île volcanique circulaire posée au large : l’étang Himenuma, le cap Peshi, le cap Numaura.

Et surtout, une journée entière pour l’ascension du Rishiri-Fuji. Le sentier d’Oshidomari part à 220 mètres d’altitude et monte à 1 721 mètres : environ 1 500 mètres de dénivelé, neuf à dix heures aller-retour. Le volcan sort directement de la mer, sans contrefort, et par temps clair on voit tout le tour de l’île, l’île voisine de Rebun et la côte de Sakhaline.

Trois contraintes à connaître avant de la prévoir :

  • Départ vers 4 ou 5 heures du matin, et de l’eau en quantité : il n’y a aucune source au-delà du troisième relais.
  • Aucune toilette sur la montagne. Le port d’un kit sanitaire portable est demandé à tous les randonneurs, en vente à la pension et au bureau du tourisme.
  • Saison praticable de mi-juin à septembre seulement.

Dit franchement : ces quatre jours financent un aller-retour au bout de l’île. Si l’ascension ne vous intéresse pas, ils ne se justifient pas.

Ce qui contraint le calendrier, plus que la durée

La bonne question n’est pas seulement combien de jours, mais quand.

  • De juin à septembre. Les routes d’altitude et le col de Shiretoko ne sont dégagés qu’à partir de fin mai ou juin.
  • La lavande de Furano fleurit de la mi-juillet au début août. En dehors de cette fenêtre, les champs sont là mais pas les couleurs.
  • Les premières couleurs d’automne du Japon se déclarent au Daisetsuzan dès la mi-septembre, avant partout ailleurs dans le pays.
  • Le créneau guidé des cinq lacs de Shiretoko est obligatoire pendant la période de l’ours brun.
  • La croisière de Shiretoko s’annule par mer agitée, et la décision se prend le matin même. Prévoir le col de Shiretoko et la cascade Furepe en repli le même jour : eux ne dépendent pas de la mer.
  • Le téléphérique de l’Asahidake s’arrête par vent fort ou visibilité nulle, décision prise le matin également.

Les étés sont doux, 20 à 26 °C, avec des nuits fraîches en montagne. Hokkaidō échappe largement à la saison des pluies, ce qui en fait une échappatoire réelle au mois de juin japonais.

La voiture n’est pas une option, et le permis non plus

Hokkaidō ne se fait pas en train. Les liaisons existent entre les grandes villes, mais rien ne dessert Shiretoko, les lacs de l’est ou les collines de Biei à un rythme compatible avec un séjour de deux semaines.

Et il y a un piège administratif qui coûte des voyages entiers : le permis international n’est pas reconnu au Japon. Il faut le permis français accompagné de sa traduction officielle en japonais, délivrée par la JAF ou par le consulat, valable un an. Sans ce document, aucune agence ne délivre la voiture. C’est à obtenir avant de partir, pas sur place.

Deux réflexes de conduite propres à l’île :

  • Faire le plein chaque matin. Les stations sont rares et ferment tôt à l’est de l’île.
  • Cerfs et renards traversent à l’aube et au crépuscule, et le choc est fréquent.

Alors, quatorze ou dix-huit ?

Quatorze jours si Hokkaidō est votre premier séjour sur l’île, ou s’il s’insère dans un voyage plus large au Japon. Vous aurez le cœur volcanique, la côte d’Okhotsk et les ours de Shiretoko, sans journée creuse.

Dix-huit jours si l’extrême nord vous appelle pour lui-même et si l’ascension du Rishiri-Fuji fait partie du projet. C’est un voyage différent, pas un voyage plus complet.

Le déroulé jour par jour des deux versions, avec les hôtels nommés et leurs liens de réservation, existe en deux formats chez nous : le circuit de 14 jours de Sapporo à Hakodate et l’étape de 18 jours qui monte à Rishiri. Le reste du pays est sur la page Japon.

Passer du repérage au départ

Partir au Japon

Cet article sort d'un itinéraire complet au Japon : le programme jour par jour, les hôtels nommés avec leur lien de réservation et les billets à réserver signalés à l'avance.

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